700 ans de musique française
| 3 juin 1995 | |
| 19 h 30 min | |
| Montréal, Canada | |
| Église Immaculée Conception |
L’Ensemble Vocal de radio-Québec –
Un groupe heureux qui tend vers la perfection
La Revue du Chant Choral au Québec, Vol. 21, No4, Été 1995, pp. 6-7.
En 1990, la direction des communications de Radio-Québec avait mis sur pied un comité de travail afin de trouver comment promouvoir l’image de la Société et favoriser les relations entre les employés.
C’est là que l’idée de mettre sur pied un chœur a été lancée par le réalisateur Louis Charest. Ce dernier a fait des études en chant et il aime bien chanter. Il pensait depuis longtemps à ce projet, mais sans trouver l’occasion de le concrétiser. Nous avons engagé un chef de chœur en la personne de Gilbert Patenaude, et nous avons recruté trente-cinq employés dès cette première année. Le concert du 3 juin soulignera d’ailleurs notre 5e anniversaire.» C’est ainsi que Guy Coignaud, membre du conseil d’administration, raconte les débuts de l’ensemble. La Société a aidé financièrement au démarrage du chœur : la première année, elle a payé toutes les dépenses
L’ENSEMBLE VOCAL DE RADIO-QUÉBEC
Un groupe heureux qui tend vers la perfection mais elle avait annoncé qu’elle se retirerait progressivement de cette responsabilité. Ce qu’elle a réalisé sur une période de 4 ans ; aujourd’hui, les membres assument presque entièrement les frais des activités. Chacun paie une cotisation de 150 $ par année. Le syndicat des réalisateurs et l’association récréative aident partiellement les employés de Radio-Québec. Les concerts font tout juste leurs frais mais leur but premier n’est pas de rapporter de l’argent. «Au début, explique M. Coignaud, les employés sont venus par intérêt et par goût, mais peu à peu, la demande s’est faite moins forte à l’intérieur de la boîte. Cela est dû aux changements d’horaire de travail qui rendent les gens moins disponibles, ou à l’évolution du répertoire qui ne plaît pas à tout le monde. L’aspect discipline aussi peut rebuter certaines personnes : ce n’est pas une activité sociale où l’on vient en premier lieu pour placoter. Pour progresser, il faut s’astreindre à un entraînement assez rigoureux : au début, c’était deux heures par semaine, maintenant, c’est trois.» Aujourd’hui, environ les trois-quarts des soixante choristes proviennent de l’extérieur de Radio-Québec. Le recrutement se fait de bouche à oreille et il n’y a aucune difficulté à combler nos effectifs. L’ensemble comprend quatre pupitres complets, soit 35 femmes et 25 hommes, un peu plus de sopranos que d’altos. Les choristes proviennent de toutes les catégories d’emploi : du professionnel à l’assisté social. C’est le plaisir de chanter qui unit tous ces gens. Chanter pour Radio-Québec exerce également un attrait supplémentaire sur la clientèle intéressée. Le taux de participation est excellent ; le fait de payer 150 $ démontre bien l’engagement personnel de chacun.
Selon Guy Coignaud, le chœur a évolué depuis sa fondation : nous demandons maintenant à nos membres d’avoir une connaissance de base en lecture de la musique. Nous chantons des morceaux plus difficiles et le répertoire est résolument orienté vers le chant classique. Les pièces sont choisies sur suggestion des membres et approbation du chef de chœur. Et ce sont les choristes eux-mêmes qui insistent pour chanter des pièces plus longues parce que le défi est plus élevé. Après avoir chanté en plusieurs langues, nous avons pris cette année l’option d’exploiter davantage un répertoire francophone. Notre concert anniversaire s’intitule : «700 ans de musique française, de la Renaissance à Pierre Mercure». Nous puiserons entre autres dans Faust, Carmen, la messe de minuit de Charpentier et le Requiem de Jean Gilles.» Rappelons que ce concert aura lieu à l’église Immaculée-Conception le 3 juin, et que l’Ensemble sera accompagné d’un orchestre de 6 ou 7 musiciens et de solistes invités.
L’ensemble est administré par un conseil d’administration de 5 personnes dont au moins une doit être à l’emploi de Radio-Québec. L’actuel président, Louis Charest, est aussi le fondateur du groupe. La Société continue de soutenir le chœur en fournissant certains services : local, photocopies (pas les partitions : elles sont fournies aux membres, mais dûment achetées), ou graphisme pour l’affiche du concert. Sur les 750 employés de Radio-Québec, il n’y a que 12 choristes ; cela peut sembler mince pour favoriser une communication entre employés. Mais une complicité se développe entre ceux qui sont passés par la chorale au cours des années : les gens ont une raison de se parler lorsqu’ils se rencontrent. Et puis il y a tous les autres qui connaissent l’ensemble et qui s’informent des activités à venir.
«Ce que les participants retiennent, c’est le plaisir d’approfondir un domaine qu’ils aiment. On fait des découvertes, on achète des disques, on se les échange et on en parle. Tout ça, c’est passionnant, conclut Guy Coignaud.